A l’opposé des photos de famille conventionnelles, un vent frais souffle sur le travail de Stephane Winter.

Adopté en Corée du Sud à l’âge d’un an il va se construire auprès de parents suisses, qu’il décide très rapidement de mettre en scène dans ses photographies. Cherchant au départ à se constituer un album de souvenirs avec son premier Kodak à l’âge de 14 ans, il finira presque malgré lui, exposé sur les murs des galeries. Cette intimité dévoilée nous ouvre les portes d’une famille dans sa plus grande banalité.

Mais… Pourquoi ces photos de famille sont devenues de véritables œuvres d’art ?

Les photos de famille ne sont pas sans intérêt pour l’histoire de l’art, elles sont représentatives de l’évolution des techniques photographiques mais aussi témoins du temps qui passe. Prendre une photo en famille c’est avant tout chercher à laisser une trace, un souvenir. Ces photos ne sont pas sans lien avec l’aspect généalogique de la famille, souvent datées et légendées, elles sont conservées dans des albums. Stéphane Winter crée ici une généalogie artificielle, prouvant que malgré l’absence de lien de sang, l’amour est pourtant bien là.

Éclairage sommaire, cadrage précaire, sur cette image l’artiste brise les codes classiques de la photo de famille. Tous affublés d’une robe, ici il s’agit bien de photographier un souvenir propre aux Winter, conscients d’être membre d’une famille atypique pour les conventions en vigueur à ce moment là.

La famille Winter en vacances, gants enfilés et bonnets vissés ; la famille Winter à Noël, vêtus de pulls aux motifs champêtres ; puis tout à coup voilà que Monsieur Winter se retrouve debout dans sa baignoire accessoirisé d’un bonnet de natation et d’un maillot de bain ! Se prêtant au jeu sans rechigner, ils vont tous les trois se retrouver star d’une vie de famille parfois compliquée, soumise au jugement d’une société des années 90 encore peu habituée à l’adoption. C’est pourtant en toute simplicité que cette famille finira par raconter avec humour l’adoption, Stéphane Winter créera image après image un lien fort avec ses parents, prouvant que tous trois sont maintenant indissociables.

Vous aimez les photos de Stéphane Winter ?

Vous pouvez les retrouver dans son livre Die Winter aux Editions Gwinzegal.

Pour l’instant il n’a pas d’expositions prévues pour cette année mais cela ne devrait pas tarder !

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